18/07/2024
A case for a food revolution as a precondition to achieve food sovereignty in Senegal : (Part 1)
The senegalese is moving steadily towards an ever increasing reliance on imported wheat flour for bread, and broken rice for its famous cèeb, but also powdered milk, soybean and sunflower oil, butter, pasta and, in most urban places and small cities, ultra-processed foods from importation, mostly through ! Its culturally nutritious foodways have dramatically retrenched to rural areas which are also tributary of the changing social, economic and demographic environments that are the main causes of rural exodus.
In the past, the most commonly used grains in Senegal have been , pearl millet, rice (Oryza Glaberrima) and sorghum in addition to a large array of forest fruits, cocoyam ( Colocasta esculentum ), tubers and diverse meat of which chicken, zebu, goat and sheep added to other beans and pea varieties and all this has been largely described by the first portuguese explorers who first landed in the country. The wolofs “ eat rice, of which they don’t have much, they have a lot of sorghum. Their main food is couscous (thiéré) which they make with sorghum. They also eat beans like ours (Portugal) but bigger”(Fernandes. V., 1951). Also for Fernandes to add that the food of the Joolas and of their cousins the Madingues (southern senegal) is like that of the wolofs . But “ they eat more rice, they have so much rice that they take it to sell or exchange it. They also have wine (palm wine), oil (palm), meat and other foods because this Mandinka land is so endowed with foodstuffs like rice, millet, etc., and they have large farms of cows [...] and inside there are donkeys,sheep without wool and a large number of these [...] They eat rice, milk and millet,“zaburro” (maybe already corn) cooked and roasted cassava and coco herb (cocoyam) and beans [...] white, black and red, some of them as big as spotted hazelnuts. ” (Fernandes V.,1951, pp 47 to 55). It is clear that the senegambian farmer disposed of a large array of highly diversified productions which are largely from african origins but many of which show exchange with other continents, mostly Asia and the Middle East, perhaps through the Swahili coast and the Saharan trade routes.
Although Oryza glaberrima rice variety is native to West Africa, the main broken-rice grain (Oryza Sativa) presently consumed in the country has only been introduced in the 19th century, and its consumption was exacerbated by the colonial regime of intensive peanut and cotton production for the metropolis, to the detriment of the population who relied on to feed themselves and their families.
The French, since the 17th century, undertook what Rene Tourte called an "agricultural colonisation", upsetting the food system on which the local population based their diets in favor of first, products for the french settlers, the metropolis and its commerce, then for supplies for World War I and World War II. After the wars, a real mercantile approach to agriculture was undertaken by the French colonial government, always for the metropolis at the expense of the local populations. (Liberté, Égalité & French baguettes! 😎)
In fact, in 1922, Senegal produced around 317 000 Tons of millet when its total needs were 196 700 Tons, i.e., a coverage ratio of 161% ; by 1939 this ratio dropped to 82%. In fact, the work of the French colonial administration was mostly to get the Senegalese farmers to abandon their subsistence production in order to mass produce peanut, cotton and other tropical fruits to satisfy the needs of the metropolis, in addition to sugar cane, rubber, meat and fish, and other forest products. The French, in turn will have to import low-qualitybroken rice from their colonies in Indochina because the farmers could not feed themselvesand their families anymore. Archive records shows that Senegal started importing largequantities (16 083,06 Tons) of rice since 1908, which more than tripled between 1908 and 1924. Today, Senegal is one of West Africa's biggest consumers of rice it only produces 34% of its needs.
This tendency is not going to reverse if we look at the macroeconomic trends which only gives the option of a radical change of the food habits of the senegalese population mostly towards staple foods such as rice and French baguettes to more culturally appropriate, highly nutritious and sustainable grains like millet, sorghum and fonio as well as tubers like cassava and yam. Furthermore, the "westernization" of the Senegalese palate as well as the food habits and foodways of the population is only going to further the dependecy on foreign imports, thus a more than urgent need for food education, starting from young aged children to street food, to high-end gastronomy and culinary experience.
This is a call for a food revolution in Senegal, starting from the senegalese foodways. No one is sovereign of his/her food if he/she is not sovereign of his/her own palate!
Ministère de l'Environnement et de la Transition écologique Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage du Sénégal - MASAE Ministère de l'Education nationale du Sénégal Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO)
“Imperialism is now in the food you eat” Thomas Sankara
Cheikh Thiam holds a degree in Gastronomic Sciences from UNISG - Università degli Studi di Scienze Gastronomiche and a Master's degree in Global Business @ Thunderbird School of Global Management
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Version Française:
Une révolution alimentaire, condition sine qua none pour atteindre la souveraineté alimentaire au Sénégal : (Partie 1)
La culture alimentaire sénégalaise évolue régulièrement vers une dépendance croissante à la farine de blé importée pour le pain, et au riz brisé pour son fameux cèeb, mais aussi au lait en poudre, à l'huile de soja et de tournesol, au beurre, aux pâtes et, dans la plupart des zones urbaines et des petites villes, aux aliments ultra-transformés provenant de l'importation, le plus souvent du dumping ! Les traditions alimentaires senegalaises, culturellement nutritives se sont dramatiquement repliées sur les zones rurales, elles aussi tributaires des évolutions sociales, économiques et démographiques (i.e., exode rural).
Dans le passé, les céréales les plus utilisées au Sénégal étaient le fonio, le mil perlé, le riz (Oryza Glaberrima) et le sorgho, en plus d'un large éventail de fruits forestiers, de l'igname (Colocasta esculentum), des tubercules et de diverses viandes dont le poulet, le zébu, la chèvre et le mouton, ainsi que d'autres variétés de haricots et de pois, et tout cela a été largement décrit par les premiers explorateurs portugais qui ont débarqué dans le pays. Les wolofs, ecrit Fernandes, « mangent du riz, dont ils n'ont pas beaucoup, ils ont beaucoup de sorgho. Leur aliment principal est le couscous (thiéré) qu'ils préparent avec du sorgho. Ils mangent aussi des haricots comme les nôtres (Portugal) mais plus gros » (Fernandes. V., 1951). Fernandes ajoute également que la nourriture des Joolas et de leurs cousins les Madingues (sud du Sénégal) ressemble à celle des wolofs. Mais « ils mangent plus de riz, ils ont tellement de riz qu'ils l'emportent pour le vendre ou l'échanger. Ils ont aussi du vin (de palme), de l'huile, de la viande et d'autres aliments car cette terre mandingue est très riche en denrées alimentaires comme le riz, le mil, etc, Ils mangent du riz, du lait et du mil, du « zaburro » (peut-être déjà du maïs...), du manioc cuit et grillé, de l'igname et des haricots [...] blancs, noirs et rouges, dont certains sont aussi gros que des noisettes tachetées. « (Fernandes V., publié en 1951, pp 47 à 55). Il est clair que l'agriculteur sénégambien disposait d'un large éventail de productions très diversifiées qui sont en grande partie d'origines africaines mais dont beaucoup montrent des échanges avec d'autres régions, principalement l'Asie et le Moyen-Orient, peut-être par l'intermédiaire de la côte Swahili et des routes commerciales sahélo-sahariennes.
Bien que la variété de riz Oryza glaberrima soit originaire d'Afrique de l'Ouest, la principale céréale - le riz (Oryza Sativa)- actuellement consommée dans le pays n'a été introduite qu'au XIXe siècle, et sa consommation a été exacerbée par le régime colonial de production intensive d'arachides et de coton pour la métropole, au détriment de la population qui dépendait de l'agriculture de subsistance pour se nourrir et nourrir sa famille.
Les Français ont entrepris, dès le XVIIe siècle, ce que René Tourte a appelé une « colonisation agricole », bouleversant le système alimentaire sur lequel reposait la population locale au profit, d'abord, des produits destinés aux colons, à la métropole et à son commerce, puis à l'approvisionnement pour la Première et la Seconde Guerre mondiale. Après les guerres, une véritable approche mercantile de l'agriculture a été entreprise par le gouvernement colonial français, toujours pour la métropole au détriment des populations locales.
En effet, en 1922, le Sénégal produisait environ 317 000 tonnes de mil pour des besoins totaux de 196 700 tonnes, soit un taux de couverture de 161% ; en 1939, ce taux est tombé à 82%. En fait, le travail de l'administration coloniale française a surtout consisté à amener les paysans sénégalais à abandonner leur production de subsistance pour produire en masse de l'arachide, du coton et d'autres fruits tropicaux afin de satisfaire les besoins de la métropole, en plus de la canne à sucre, du caoutchouc, de la viande et du poisson, et d'autres produits forestiers. Les Français, à leur tour, vont importer du riz brisé de mauvaise qualité de leurs colonies d'Indochine, car les paysans ne pouvaient plus se nourrir et nourrir leurs familles. Les archives montrent que le Sénégal a commencé à importer de grandes quantités (16 083,06 tonnes) de riz à partir de 1908, qui ont plus que triplé entre 1908 et 1924. Aujourd'hui, le Sénégal est l'un des plus gros consommateurs de riz d'Afrique de l'Ouest, alors qu'il ne produit que 34% de ses besoins.
Cette tendance n'est pas prête de s'inverser si l'on considère les tendances macroéconomiques qui ne laissent entrevoir qu'un changement radical des habitudes alimentaires de la population sénégalaise, qui se détourne principalement des aliments de base tels que le riz et les baguettes françaises pour se tourner vers des céréales plus appropriées culturellement, meilleures nutritionellement et plus durables telles que le mil, le sorgho et le fonio, ainsi les tubercules. En outre, l'« occidentalisation » du palais (goût) sénégalais ainsi que de ses habitudes et modes alimentaires ne fera qu'accroître la dépendance à l'égard des importations étrangères, d'où un besoin plus qu'urgent d'éducation alimentaire et à l'alimentation, depuis les jeunes enfants, à la nourriture de rue (street food), j'usqu'à la gastronomie et l'expérience culinaire.
Ceci est un appel à une révolution alimentaire au Sénégal, à partir des habitudes et goût alimentaires, grâce à l' , l' et la . Nul n'est souverain de sa nourriture s'il n'est pas souverain de son palais (goût)!
"L'impérialisme est maintenant dans vos assiettes"
Ministère de l'Environnement et de la Transition écologique Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage du Sénégal - MASAE Ministère de l'Education nationale du Sénégalnégal
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Cheikh Thiam est diplômé en Sciences Gastronomiques de l'UNISG - Università degli Studi di Scienze Gastronomiche et Master en Global Business @ Thunderbird School of Global Management