19/09/2026
Après quarante ans de silence… j’ai décidé de parler, et de voter.
Depuis près de quarante ans, je n’ai plus participé aux élections et je n’ai pris part à aucune campagne électorale. Non pas parce que je n’aime pas mon pays, ni parce que je ne comprends pas le sens de la citoyenneté, mais parce que j’ai vécu, très jeune, une expérience qui m’a profondément éloigné de la politique, des élections et des partis.
Dans les années 80, j’ai vécu l’une des périodes les plus difficiles de ma vie lorsque mon père, que Dieu lui accorde longue vie, s’est présenté aux élections dans la région de Targuist, Beni Ammar, province d’Al Hoceima, après avoir été choisi par les habitants pour les représenter sous les couleurs de l’Union constitutionnelle, à cette époque.
Mon père était un homme qui croyait en son pays, au service des citoyens et au fait qu’un mandat politique est avant tout une responsabilité et un engagement.
Il a remporté une large victoire grâce à la confiance des habitants des villages et des zones rurales et montagneuses. Il croyait profondément que la voix du citoyen était une responsabilité qui devait être respectée et protégée.
Mais quelques mois seulement après le début de son mandat, les pressions et les intimidations ont commencé.
Puis est arrivée cette nuit qui allait changer ma vie et celle de toute notre famille…
Sous mes yeux, dans l’obscurité de la nuit, des hommes masqués l’ont emmené vers une destination inconnue.
Je ne comprenais pas, à l’époque, pourquoi un homme pouvait être puni simplement parce qu’il avait choisi d’être honnête, ni pourquoi la différence d’opinion pouvait devenir une source de peur.
Mon père a disparu pendant des années et n’est revenu auprès de nous que lorsque j’étais devenu un jeune homme.
Cette expérience n’a pas été pour moi un simple événement familial. Elle a laissé une profonde cicatrice et m’a conduit à m’éloigner de la politique et des élections pendant des décennies.
Quarante ans durant, j’ai observé de loin.
Mais la vie change les hommes, et les expériences nous apprennent que le silence est lui aussi une position, et que la voix que nous déposons dans une urne est, avant tout, une responsabilité personnelle.
Aujourd’hui, après plus de trente années consacrées à l’hôtellerie et au tourisme, après avoir vécu de l’intérieur les difficultés de ce secteur, connu ses travailleurs, leurs difficultés et leurs aspirations, j’ai décidé de participer à nouveau.
Et je le dis clairement :
C’est mon choix personnel, et non une leçon donnée à qui que ce soit.
J’ai décidé de voter pour M. Lahcen Zelmat, parce qu’en tant qu’hôtelier retraité ayant consacré sa vie au tourisme, je retrouve dans son parcours et sa proximité avec le secteur et ses professionnels des valeurs et des préoccupations qui rejoignent mon expérience.
J’adresse donc mon appel à toutes celles et tous ceux qui sont attachés au tourisme marrakchi et au secteur hôtelier :
Participez, échangez, débattez, soyez en désaccord si nécessaire, et choisissez la personne que vous estimez capable de vous représenter.
Pour ma part, après quarante ans d’abstention, j’ai décidé de retrouver le chemin de la participation.
Je ne demande à personne de faire le même choix que moi.
Les élections ne doivent pas devenir une raison de nous diviser. La politique ne doit pas nous pousser à rompre nos relations. Et la différence d’opinion ne remet pas en cause notre citoyenneté.
L’opinion mérite le respect… la pensée mérite le débat… et nos différences ne doivent jamais empêcher le respect de l’autre.
Quant à mon père, que Dieu lui accorde longue vie, son histoire restera gravée dans ma mémoire comme le témoignage d’une époque qui m’a appris que le patriotisme n’est pas un slogan que l’on brandit, mais une responsabilité, une intégrité et du courage.
Aujourd’hui, en exerçant mon droit de citoyen, je ne recherche ni avantage personnel ni fonction.
Je veux simplement que ma voix soit, cette fois, l’expression sincère de ma conviction.
🇲🇦 Dieu – La Patrie – Le Roi