02/08/2025
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𝗘𝗠𝗣𝗟𝗢𝗜 𝗘𝗡 𝗚𝗨𝗜𝗡É𝗘 : 𝗣𝗢𝗨𝗥𝗤𝗨𝗢𝗜 𝗧𝗢𝗡 𝗗𝗜𝗣𝗟Ô𝗠𝗘 𝗡𝗘 𝗦𝗨𝗙𝗙𝗜𝗥𝗔 𝗣𝗟𝗨𝗦 𝗗𝗘𝗠𝗔𝗜𝗡
Le marché de l'emploi évolue partout dans le monde en fonction de la situation économique, des évolutions scientifiques et de bien d'autres facteurs. Il existe des aspects particuliers à la Guinée qu'il convient d'analyser.
𝗨𝗻 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗮𝘁 𝗮𝗹𝗮𝗿𝗺𝗮𝗻𝘁
Avec plus de 20 années d'expérience dans le domaine de la formation, l'insertion professionnelle, le recrutement et la conduite de projets emploi en Guinée, je constate quelque chose pour la première fois : l'éloignement d'un nombre massif de personnes du marché de l'emploi. Il y a des gens dont l'intégration au marché de l'emploi se trouve compromise à très long terme, sinon à jamais, si des mesures drastiques ne sont pas prises.
𝙇𝙚𝙨 𝙖𝙨𝙥𝙞𝙧𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙩𝙧𝙖𝙙𝙞𝙩𝙞𝙤𝙣𝙣𝙚𝙡𝙡𝙚𝙨 𝙛𝙖𝙘𝙚 à 𝙪𝙣𝙚 𝙧é𝙖𝙡𝙞𝙩é 𝙘𝙝𝙖𝙣𝙜𝙚𝙖𝙣𝙩𝙚
En Guinée, beaucoup aspirent à intégrer la fonction publique, les compagnies multinationales ou les grandes institutions internationales. C'est tout à fait normal : on recherche la stabilité, le prestige et des revenus suffisants et garantis. Ce sont souvent des métiers traditionnels, avec l'ambition d'évoluer tranquillement dans une hiérarchie bien tracée. Cependant, tous ces facteurs ne prennent pas en compte plusieurs éléments cruciaux. Analysons-les.
𝙇𝙖 𝙨𝙩𝙖𝙗𝙞𝙡𝙞𝙩é 𝙙𝙚 𝙡'𝙚𝙢𝙥𝙡𝙤𝙞 𝙣'𝙚𝙨𝙩 𝙦𝙪'𝙪𝙣𝙚 𝙛𝙖𝗰𝙖𝙙𝙚
Sur ce point, cela l'a toujours été. L'emploi a toujours été la variable d'ajustement de la gestion des organisations. Ajouté à cela le caractère foncièrement non linéaire de la vie économique, on comprend mieux la réalité du marché.
𝙇'𝙞𝙧𝙧𝙪𝙥𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚 𝙡'𝙞𝙣𝙩𝙚𝙡𝙡𝙞𝙜𝙚𝙣𝙘𝙚 𝙖𝙧𝙩𝙞𝙛𝙞𝙘𝙞𝙚𝙡𝙡𝙚
Ce phénomène ne doit pas surprendre. De tout temps, les découvertes ont eu pour but de permettre aux organisations de faire plus avec moins. L'IA se distingue par le simple fait que son impact est plus brutal et massif. Si chez moi, je n'envisage plus de recruter un assistant administratif parce que j'ai automatisé toutes ses tâches, des entreprises se passent de services clients, de services comptables, de juristes. Toutes les grandes organisations aujourd'hui travaillent à l'intégration de l'IA (suivez mon regard : grandes entreprises multinationales, organisations internationales...).
Va faire un tour en ligne, tu verras des entreprises et organisations qui ont déjà commencé à libérer des dizaines de milliers d'employés. Elles ne recrutent plus pour certains métiers et font l'impasse sur d'autres.
𝗖𝗼𝗻𝘀é𝗾𝘂𝗲𝗻𝗰𝗲 : le job que tu vises aujourd'hui, pour lequel tu étudies, n'existera plus dans quelques années ou mois, ou sera radicalement différent.
𝗟𝗲𝘀 𝗵𝗮𝗻𝗱𝗶𝗰𝗮𝗽𝘀 𝘀𝗽é𝗰𝗶𝗳𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲 𝗴𝘂𝗶𝗻é𝗲𝗻
Le jeune guinéen part déjà avec quelques handicaps majeurs :
𝗣𝗿𝗲𝗺𝗶è𝗿𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, il y a le manque de culture profonde de l'apprentissage. Il s'agit de la curiosité permanente, de la capacité à faire de la recherche approfondie, de la capacité à penser en dehors des sentiers battus. Cette capacité permet à chaque fois de faire face aux situations de crise et aux situations nouvelles. C'est quelque chose que l'on apprend normalement tout au long de son parcours, à partir de la vie familiale, de la vie universitaire et dans la vie de l'apprentissage. Ceci est un handicap majeur parce qu'on est souvent enfermé dans un chemin qui parfois peut mener dans l'impasse, et lorsque l'on n'est pas capable d'anticiper les choses, cela devient très difficile.
𝗘𝗻𝘀𝘂𝗶𝘁𝗲, il y a l'environnement lui-même qui est un environnement difficile. Lorsque l'on est jeune, je parle d'abord de Conakry, vous avez une ville de près de 4 millions d'habitants qui ne dispose pas d'une seule bibliothèque digne de ce nom, c'est-à-dire un lieu d'apprentissage. Ceci est très important aujourd'hui. C'est vrai qu'on est dans un monde dématérialisé, mais dans toutes les grandes villes dignes de ce nom, l'apprentissage traditionnel, c'est-à-dire lire dans un livre physique, reste toujours un élément important. La culture de la lecture, la culture de la connaissance, la culture de l'approfondissement du savoir sont très importantes. C'est ce qui permet à chaque fois de franchir des caps majeurs : d'abord, c'est l'apprentissage qui permet la découverte, qui permet la curiosité. C'est cet apprentissage qui permet la découverte scientifique, qui permet l'évolution.
Nous sommes dans un environnement où les gens pensent que tout le monde vit dans les réseaux sociaux. En réalité, ceux qui font des découvertes sont des gens qui passent toute leur vie à lire, à apprendre, à créer, à découvrir. Cette culture constitue un handicap majeur aujourd'hui pour un certain nombre de jeunes qui veulent se sortir de cette situation.
𝗤𝘂𝗲 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 ? 𝗟𝗲𝘀 𝘀𝗼𝗹𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 à 𝗮𝗱𝗼𝗽𝘁𝗲𝗿
𝟭. 𝙄𝙣𝙩é𝙜𝙧𝙚𝙧 𝙡𝙖 𝙘𝙪𝙡𝙩𝙪𝙧𝙚 𝙙𝙚 𝙡'𝙖𝙥𝙥𝙧𝙚𝙣𝙩𝙞𝙨𝙨𝙖𝙜𝙚
La première chose à faire, c'est justement d'intégrer cette culture de l'apprentissage. Il faut réintégrer la nécessité de lire, lire et lire encore. 𝘾𝙤𝙣𝙖𝙠𝙧𝙮, 𝙣𝙚 𝙥𝙖𝙧𝙡𝙤𝙣𝙨 𝙦𝙪𝙚 𝙙𝙚 𝙘𝙚𝙡𝙖, 𝙚𝙨𝙩 𝙪𝙣𝙚 𝙫𝙞𝙡𝙡𝙚 𝙙𝙚 𝙥𝙡𝙪𝙨 𝙙𝙚 𝟯 𝙢𝙞𝙡𝙡𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙙’𝙝𝙖𝙗𝙞𝙩𝙖𝙣𝙩𝙨 𝙞𝙡 𝙣’𝙮 𝙖 𝙥𝙖𝙨 𝙪𝙣𝙚 𝙗𝙞𝙗𝙡𝙞𝙤𝙩𝙝𝙚𝙦𝙪𝙚 𝙙𝙞𝙜𝙣𝙚 𝙙𝙚 𝙘𝙚 𝙣𝙤𝙢. Certains enfants ont meme oublié que la lecture faisait partie de l’équation. 𝙄𝙡 𝙛𝙖𝙪𝙩 𝙧𝙚𝙣𝙤𝙪𝙚𝙧 𝙖𝙫𝙚𝙘 𝙡𝙖 𝙘𝙪𝙡𝙩𝙪𝙧𝙚 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙡𝙚𝙘𝙩𝙪𝙧𝙚 𝙥𝙖𝙧 𝙡𝙚 𝙡𝙞𝙫𝙧𝙚 𝙥𝙝𝙮𝙨𝙞𝙦𝙪𝙚. C’est le fondement. L’homme, à mon avis, n’a rien inveté de mieux, pour l’instant pour apprendre.
Ensuite, il faut s'intéresser aux nouvelles technologies et opérer une analyse approfondie du secteur qui vous intéresse et des études que vous faites. Aujourd'hui, il faut intégrer le fait que l'intelligence artificielle, par exemple, doit être partie intégrante de votre métier.
La question à se poser est : quel est l'impact de l'intelligence artificielle sur le métier que je veux faire ? Est-ce quelque chose qui va permettre de faire évoluer mon métier ou tout simplement remplacer le job que je souhaiterais faire ? Si tel est le cas, il faut tout de suite commencer à prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que vous êtes dans le coup : soit changer complètement de trajectoire, soit intégrer cette intelligence artificielle à votre trajectoire.
𝟮. 𝙁𝙖𝙞𝙧𝙚 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙧𝙚𝙘𝙝𝙚𝙧𝙘𝙝𝙚 𝙙'𝙚𝙢𝙥𝙡𝙤𝙞 𝙪𝙣𝙚 𝙥𝙧𝙞𝙤𝙧𝙞𝙩é
La seconde chose à faire, il faut dès maintenant s'assurer que la recherche d'emploi fait partie intégrante de vos priorités. Je ne cesserai jamais de le dire : en réalité, je vois beaucoup de jeunes qui disent qu'ils recherchent de l'emploi, mais cela ne fait pas partie de leurs priorités. Ils ne sont pas prêts, ils n'ont pas pris les dispositions nécessaires pour connaître le marché, pour connaître l'environnement du travail, pour connaître les métiers qui les intéressent, pour s'assurer de faire une évaluation du marché, pour s'assurer de bien connaître les disponibilités sur le marché. Ils ne font pas de réseautage, ils ne maîtrisent pas les nouvelles technologies de l'information.
Dans mes conférences, j'ai souvent des questionnaires qui me permettent de détecter la priorité accordée à la recherche d'emploi. Le plus souvent, même pour des personnes expérimentées, pour des personnes qui ont des compétences de base et qui ont une certaine expérience, lorsqu'elles sont confrontées à la situation de rechercher un emploi ou de reconversion professionnelle, elles sont souvent dans l'incapacité de mettre en place tout ce qu'il faut pour que cette recherche d'emploi soit pour elles une priorité.
𝗖𝗼𝗻𝗰𝗹𝘂𝘀𝗶𝗼𝗻
Il faut noter que dans ce domaine, les choses changent vite. Nous ne parlons même pas de changement, nous parlons de bouleversement. Ce n'est même pas au niveau de l'avènement ou du développement de l'informatique, c'est beaucoup plus que ça. Les changements que l'intelligence artificielle va introduire seront des changements massifs et profonds qui vont toucher profondément un grand nombre de personnes et plusieurs métiers. Aujourd'hui, il faut faire des efforts d'adaptation beaucoup plus importants que ceux dont on a l'habitude.
𝗜𝗯𝗿𝗮𝗵𝗶𝗺𝗮 𝗖𝗮𝗺𝗮𝗿𝗮
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