15/10/2026
Enfin un propos intéressant, sûrement généré par l'IA, et alors ?🙂
𝗔𝗿𝗿𝗲̂𝘁𝗲𝘇 𝗱𝗲 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲𝗿 𝘀𝗶 𝘂𝗻𝗲 oe𝘂𝘃𝗿𝗲 𝗮 𝗲́𝘁𝗲́ 𝗰𝗿𝗲́𝗲́𝗲 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹’𝗜𝗔 : 𝗼𝗻 𝘀’𝗲𝗻 𝗳𝗼𝘂𝘁.
Le roman « C’était ça ou mourir », de l’écrivain québécois Thélyson Orélien, a été salué par la critique, récompensé par le Prix du roman Fnac et sélectionné pour le prestigieux prix Goncourt.
Et puis, coup de théâtre! Quelqu’un a passé des extraits du roman dans un détecteur d’intelligence artificielle. Le verdict? Le texte aurait été largement produit par l’IA.
Depuis, c’est la controverse. L’auteur dément les accusations et les commentateurs s’enflamment. Le roman a même été retiré de la sélection du Goncourt, dans un contexte où des plagiats commis dans des textes antérieurs ont également été révélés.
Mais il y a quelque chose qui me dérange profondément dans cette histoire.
Avant cette controverse, le roman était bon. Il avait été lu, apprécié, acclamé et récompensé. Et voilà que, soudainement, on remet en question sa valeur parce qu’une machine aurait peut-être participé à sa création.
𝗗𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗹𝗮 𝗾𝘂𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗱’𝘂𝗻𝗲 œ𝘂𝘃𝗿𝗲 𝗱𝗲́𝗽𝗲𝗻𝗱-𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗼𝘂𝘁𝗶𝗹𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗼𝗻𝘁 𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗶𝗿𝗲?
Je ne sais pas si Thélyson Orélien a utilisé l’intelligence artificielle pour écrire son roman. Et, pour les besoins de cette réflexion, je m’en fous! Je ne vais pas non plus à défendre ses plagiats, qui constituent une question bien distincte.
Ce qui m’intéresse, c’est cette étrange tendance à vouloir juger une œuvre non plus pour ce qu’elle est, mais pour la manière dont elle a été fabriquée.
🎨 𝗤𝘂’𝗲𝘀𝘁-𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹’𝗮𝗿𝘁, 𝗮𝘂 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗲?
Quand je regarde une toile de Van Gogh, ce n’est pas la nature des pinceaux qui m’émeut. Ce qui m’atteint, c’est l’œuvre elle-même, sa force, sa vibration, sa capacité à révéler quelque chose sur l’expérience humaine.
Une œuvre d’art doit d’abord être jugée pour ce qu’elle est. Est-ce qu’elle suscite une émotion? Est-ce qu’elle nous bouleverse, nous émerveille ou nous dérange? Est-ce qu’elle révèle quelque chose sur ce que signifie être humain?
Si oui, elle possède une valeur artistique. Et si non, aucun procédé de fabrication, aussi traditionnel ou laborieux soit-il, ne pourra lui donner artificiellement du génie.
🎹 𝗟𝗲 𝗴𝗲́𝗻𝗶𝗲 𝗮𝗿𝘁𝗶𝘀𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗮 𝘁𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗿𝗲𝗽𝗼𝘂𝘀𝘀𝗲́ 𝗹𝗲𝘀 𝗹𝗶𝗺𝗶𝘁𝗲𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗼𝘂𝘁𝗶𝗹𝘀.
Prenons les Beatles, mon groupe fétiche. Ils ont intégré le sitar indien à leur musique, exploré de nouvelles sonorités et repoussé les limites des studios d’enregistrement. Pink Floyd a fait de même avec les synthétiseurs analogiques, les séquenceurs et les effets électroniques.
Leur génie ne résidait pas dans l’invention de ces instruments, mais dans leur capacité à en tirer quelque chose d’original.
Est-ce que « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band » serait moins génial si on apprenait qu’il avait été enregistré sur 128 pistes plutôt que quatre? Bien sûr que non!
Et lorsque Photoshop est arrivé, plusieurs graphistes traditionnels y voyaient une menace pour leur métier. Aujourd’hui, c’est devenu un outil de base.
𝗣𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗱𝗲𝘃𝗿𝗮𝗶𝘁-𝗶𝗹 𝗲𝗻 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹’𝗶𝗻𝘁𝗲𝗹𝗹𝗶𝗴𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗮𝗿𝘁𝗶𝗳𝗶𝗰𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲?
L’histoire de l’art est aussi celle des artistes qui ont osé explorer de nouveaux outils pour créer quelque chose qui n’existait pas auparavant. Condamner ces innovations, c’est aussi risquer de passer à côté du génie créatif.
🤖 𝗩𝗼𝘂𝘀 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝘇 𝗾𝘂𝗲 𝗹’𝗜𝗔 𝗿𝗲𝗻𝗱 𝗹𝗮 𝗰𝗿𝗲́𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗳𝗮𝗰𝗶𝗹𝗲? 𝗘𝘀𝘀𝗮𝘆𝗲𝘇 𝗱𝗼𝗻𝗰!
Je mets au défi quiconque de s’asseoir devant ChatGPT, Gemini ou Claude et de produire, en quelques minutes, un roman remarquable, une image bouleversante ou une œuvre littéraire d’une réelle profondeur.
Allez-y! Essayez!
Vous constaterez rapidement qu’entre générer quelque chose et créer une œuvre digne de ce nom, il y a un monde.
Il faut une intention, une sensibilité, un regard, une capacité de discernement. Il faut corriger, préciser, recommencer, trier, orienter, rejeter et retenir.
Bref, il faut une direction artistique.
Une machine peut produire du contenu à une vitesse f***e. Elle peut proposer des idées et même nous surprendre. Mais elle ne se lève pas un beau lundi matin en décidant par elle-même de créer un chef-d’œuvre.
C’est l’humain qui donne une direction, qui choisit ce qu’il conserve et qui assume la responsabilité de l’œuvre qu’il signe.
💥 𝗟’𝗜𝗔 𝗻𝗲 𝘁𝘂𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝗹’𝗮𝗿𝘁. 𝗘𝗹𝗹𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗳𝗼𝗿𝗰𝗲 𝗮̀ 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲𝗿 𝗰𝗲 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝘃𝗮𝘂𝘁 𝘃𝗿𝗮𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁.
À mon sens, l’art sert à faire naître une émotion, à ouvrir une brèche, à révéler quelque chose de l’humain, parfois même quelque chose que nous n’arrivons pas à formuler nous-mêmes.
Si une œuvre y parvient, elle mérite notre attention, peu importe les outils utilisés pour la créer.
Et si elle n’y parvient pas, la noblesse du procédé ne la sauvera pas.
Alors, arrêtons de chercher des traces d’intelligence artificielle partout et posons-nous plutôt la seule question qui devrait vraiment compter :
𝗟’œ𝘂𝘃𝗿𝗲 𝗺𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗲-𝘁-𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻?
Si la réponse est oui, regardons-la, écoutons-la ou lisons-la pour ce qu’elle est.
📝 J’ai développé cette réflexion plus en profondeur dans un article sur mon site Web. J’y aborde la controverse Thélyson Orélien, l’histoire des technologies dans les arts et le rôle irremplaçable de la direction artistique humaine.
👉 Le lien vers l’article complet est dans les commentaires.
Et vous, est-ce qu’apprendre qu’une œuvre a été créée avec l’aide de l’intelligence artificielle change réellement la valeur que vous lui accordez?