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26/10/2026

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Le droit à manifester est un droit fondamental, constitutionnel et absolu !Pour Force Ouvrière, le droit de manifester e...
26/10/2026

Le droit à manifester est un droit fondamental, constitutionnel et absolu !

Pour Force Ouvrière, le droit de manifester est une liberté fondamentale, comme l’a précisé la cour de justice internationale cet été.

Les interdictions de manifester décidées pour ce samedi 24 octobre par de nombreuses préfectures sont inacceptables et constituent une grave atteinte aux libertés démocratiques.

FO exige que la liberté de manifester soit garantie partout afin que les salariés, lycéens et étudiants puissent exprimer leurs revendications.

Secrétariat général
Le Secrétaire général de la Confédération la représente et en est le porte-parole. Il assure la coordination du bureau confédéral et la mise en œuvre des orientations décidées par les instances confédérales.

Journée FO de l’industrie : les outils pour sa relance au cœur des débatsAméliorer l’image de ses métiers, orienter les ...
26/10/2026

Journée FO de l’industrie : les outils pour sa relance au cœur des débats

Améliorer l’image de ses métiers, orienter les jeunes vers ses filières, lutter contre une concurrence internationale déloyale qui détruit sites et emplois sur notre territoire, planifier son développement à long terme, tenir compte des nécessités nouvelles dont l’enjeu environnemental, œuvrer à des implantations cadrées dans un véritable aménagement du territoire, améliorer les procédures d’implantation en coordonnant l’action des différents intervenants… L’industrie, avec ses différentes problématiques pour sa reconstruction et le retour à une souveraineté, était l’objet de toutes les attentions lors de la journée FO qui lui était dédiée le 8 octobre. Retour en cinq thèmes sur une journée qui a réuni deux cent cinquante participants et a accueilli de nombreux invités dont le ministre délégué chargé de l’Industrie.

La désindustrialisation ou les dégâts d’un choix politique assumé
Oui, la désindustrialisation a été voulue. Et cela a été pire que chez nos voisins après 2008 , indiquait Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, lors d’un « Grand entretien » avec le secrétaire général de FO. Que le poids de l’industrie soit descendu en France à 10 % du PIB, ça ne s’est pas fait tout seul !, soulignait-il, rappelant le million d’emplois perdus entre 2005 et 2015. Mais si les récentes crises conduisent d’autant plus à devoir se pencher sur la désindustrialisation, il n’y a pas de stratégie industrielle, déplorait Bertrand Pancher, ancien député de la Meuse. Et nos politiques n’ont pas réfléchi aux conséquences des fermetures, estimait Laurent Rescanières (FGTA-FO), Frédéric Souillot pointant lui le choix assumé de la désindustrialisation.

LA THÉORIE DE « L’INDUSTRIE SANS USINES »
Or, si on continue à se désindustrialiser, comment le pays restera un pays riche dans le monde ?, alertait Thomas Grjebine, haut-commissaire au Plan. Il y a trente ans, on n’était pas entendus sur le péril de la désindustrialisation. Maintenant si, se réjouissait Isabelle Barthès, la secrétaire générale adjointe de IndustrieAll, rappelant les choix politiques passés désastreux, telle l’organisation de transferts de technologies à marche forcée. Ou encore ceux inspirés par la théorie surréaliste de l’industrie sans usines, développée en France en 2001 par Serge Tchuruk, P-DG d’Alcatel.

Valérie Forgeront
Face à la mondialisation, l’industrie doit être protégée
Plusieurs filières industrielles françaises et européennes sont mises en difficulté par la mondialisation, en premier lieu du fait de la concurrence avec la Chine, une puissance qui aujourd’hui produit en moyenne 30 % à 40 % moins cher pour des biens qui sont de qualité au moins comparable, a alerté Thomas Grjebine, du Haut-commissariat au Plan. À titre d’exemple, la Chine produit désormais 50 % de l’acier mondial. Si on n’est pas capables de se défendre collectivement, on va se retrouver dans une situation impossible, a prévenu Isabelle Barthès, secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, fédération syndicale internationale.

HARMONISER LES NORMES SOCIALES EUROPÉENNES
Dans ce contexte, renforcer les règles commerciales et mettre en place des mécanismes de protection face aux concurrences déloyales est une priorité. La France et l’Allemagne viennent de demander à la Commission européenne de nouveaux outils de protection commerciale. Le commissaire européen au commerce brandit la menace d’une guerre commerciale en l’absence d’accord avec la Chine sur une baisse drastique de ses exportations vers l’Europe, a rappelé Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie.

Thomas Grjebine a aussi appelé à la mise en place d’une harmonisation vers le haut des normes sociales et fiscales en Europe, soulignant que la Hongrie, qui s’est lancée dans la production de véhicules électriques, venait de baisser ses dépenses sociales de six points de PIB.

Clarisse Josselin
La demande d’une vision à long terme
Est-il possible de mettre en place une politique de réindustrialisation en deux temps trois mouvements ? Non, ont assuré les différents interlocuteurs, chacun dans leur spécialité, alors que la question du temps court et du temps long est revenue tout au long de la journée.

ARRÊTER LE STOP AND GO
Ainsi, dans l’automobile, pour le passage des modèles thermiques aux modèles électriques, il faut une planification qui permette aux industriels de se retourner, a assuré Éric Trappier, président de l’IUMM. Illustration aussi dans le domaine de l’énergie nucléaire. En 2012, le gouvernement a décidé de freiner son développement au profit des énergies renouvelables.

En 2022, l’exécutif a décidé de la relancer à marche forcée. On demande des prises de décision sur du temps long et qu’on s’y tienne, actuellement on ne sait plus où on va, a déploré Sandrine Tellier de la FNEM-FO. Les décisions prises changent avec les décideurs politiques, a reconnu Bertrand Pancher, ancien député de la Meuse. Si on veut une vraie stratégie industrielle, il faut arrêter le stop and go, a rappelé le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot. Et dans ce domaine, les interlocuteurs sociaux ont un rôle à jouer. Les organisations syndicales et patronales ont fait un agenda social autonome pour réfléchir à notre modèle productif à quatre quinquennats et avoir une vision sur le long terme, a-t-il rappelé. Pour agir en faveur de l’industrie, il faut mettre en œuvre : planification, investissement et politique monétaire, indiquait Valentin Rodriguez, secrétaire général de FO Métaux.

Clarisse Josselin
Pour réindustrialiser, il faut de la coordination et se parler !
L e tissu industriel a été dynamité. Il va falloir le recréer, ensemble, et dans nos territoires, analysait Jérôme Capdevielle (UD FO des Pyrénées-Orientales). Reste à coordonner les décisions et actions des acteurs de la réindustrialisation. Il faut voir ce qui ne marche pas, indiquait Bertrand Pancher, ancien député de la Meuse. Ainsi, il y a quatre niveaux de collectivités territoriales, et un État qui veut continuer à tout faire ! Or, le temps administratif n’est pas celui des entreprises, lançait-il, soulignant aussi la nécessité de faire bosser les gens ensemble.

S’ORGANISER
Comme d’autres intervenants, Sandrine Tellier (FNEM-FO) soulèvera le problème d’un mille-feuille territorial où tout le monde fait la même chose. Plus largement, on ne sait pas qui est le décideur [dans les projets, NDLR] et à quel moment on redescend au territoire. Or, les projets industriels sont des projets de territoires, insistait Bertrand Pancher. Il ne faut pas tomber toutefois dans un désengagement de l’État de ces projets, précisait-il. Dans les territoires, la réindustrialisation si, ça peut marcher. Mais il faut être organisés. S’il n’y a pas un chef de file, ce n’est pas possible, déclarait pour sa part le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, notant par ailleurs que la réindustrialisation style pompidolienne [par une verticalité des ordres, NDLR], ça ne marche pas. Cela fonctionne par une volonté politique nationale, des collectivités et des industriels.

Valérie Forgeront
Attirer les jeunes et fidéliser les salariés
Relancer l’industrie nécessite aussi de se pencher sur la question de la formation et de revoir l’approche de métiers souvent déconsidérés, ont déploré plusieurs intervenants, et qui ont la réputation d’être sales ou difficiles. Cela alors que ces métiers ont considérablement évolué. On a fait des choix de formation qui n’étaient pas en faveur de l’industrie, a reconnu le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin.

À tel point que la main-d’œuvre vient à manquer. On se projette dans le temps long mais il nous faut des compétences. On a besoin de soudeurs, et il n’y en a pas sur le marché. On doit les former en interne, a témoigné Hélène Derrien, DRH du groupe Orano.

Dans la filière agroalimentaire, 74 000 emplois sont non pourvus en 2026, selon Laurent Rescanières de la FGTA-FO.

AGROALIMENTAIRE : 74 000 EMPLOIS NON POURVUS
Benjamin Castel, directeur général adjoint du groupe Bigard, redoute même un big bang de l’emploi dans l’agroalimentaire. Pour FO, au-delà de la formation, l’attractivité des métiers industriels passe aussi par la reconnaissance des qualifications, les salaires, l’amélioration des conditions de travail… Avant de recruter, il faudrait penser à fidéliser, et cette fidélisation se fait par notre modèle social, a rappelé Laurent Rescanières. L’industrie, c’est de l’innovation au service d’un pays et surtout des emplois, déclarait de son côté Valentin Rodriguez.

Clarisse Josselin

Valérie Forgeront
Journaliste à L’inFO militante

Clarisse Josselin
Journaliste à L’inFO militante

Le  , pour nos salaires, nos emplois, nos services publics, notre industrie.En grève et en manifestation !Avec FO, pour ...
26/10/2026

Le , pour nos salaires, nos emplois, nos services publics, notre industrie.
En grève et en manifestation !
Avec FO, pour la justice sociale et fiscale !

Le nomadisme médical : c’est le « traçage » des assurésProtection Sociale Publié mardi 20 octobre 2026 par Eric Gautron,...
26/10/2026

Le nomadisme médical : c’est le « traçage » des assurés
Protection Sociale Publié mardi 20 octobre 2026 par Eric Gautron, Secteur de la Protection sociale collective

Un projet de décret en Conseil d’État, examiné par le Conseil de la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie (CNAM) est finalement validé et entré en vigueur le 18 septembre 2026, prévoit de sanctionner financièrement les assurés qui obtiendraient des arrêts de travail en consultant plusieurs médecins, lorsque leur état de santé ne justifierait pas ces prescriptions.

Les assurés encore dans le viseur
L’article 1er du texte prévoit de modifier l’article R.147-6.2°b du Code de la sécurité sociale afin de permettre l’application de pénalités financières aux personnes qui : Abusent de leur qualité d’assuré social, de victime d’un accident du travail, d’un accident de trajet, d’une maladie professionnelle ou de bénéficiaire de l’aide médicale de l’État pour obtenir des produits de santé ou des prescriptions d’arrêts de travail sans lien avec leur état de santé.

Concrètement, le texte entend donc intégrer les prescriptions d’arrêts de travail à la liste des situations susceptibles d’entraîner une pénalité financière.

Le régime de sanction n’est toutefois pas détaillé dans le projet lui-même : ce sont alors les dispositions de l’article L.114-17-1 du Code de la sécurité sociale qui ont vocation à s’appliquer.

Derrière cette modification réglementaire, c’est bien la question de la lutte contre les arrêts de courte durée qui est visée. Mais une question essentielle demeure : qui porte réellement la responsabilité de la décision médicale ?

Une mesure en décalage avec la réalité du terrain
Cette évolution s’inscrit dans le plan visant à « réduire l’absence au travail », présenté le 9 avril 2026 par le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou.

Mais quelle est la réalité vécue par les assurés ?

C’est près de 6,7 millions de Français qui n’ont pas de médecin traitant et rencontrent déjà des difficultés majeures d’accès aux soins.

Dans ces conditions, comment peut-on présenter les consultations auprès de plusieurs médecins comme relevant nécessairement d’une stratégie destinée à obtenir abusivement un arrêt de travail ?

Un patient peut consulter plusieurs praticiens pour de multiples raisons : absence de médecin traitant, difficultés à obtenir un rendez-vous, délais d’attente, indisponibilité du praticien habituel ou encore nécessité de consulter rapidement lorsque son état de santé l’exige.

Faire peser sur l’assuré la responsabilité d’une prescription médicale pose également une question de principe. L’arrêt de travail relève d’une décision médicale et il incombe au médecin qui examine le patient, d’évaluer son état de santé et de décider, dans le cadre de sa pratique professionnelle, de prescrire ou non un arrêt.

Des pénalités qui peuvent s’ajouter au remboursement des indemnités
En cas de versement indu d’indemnités journalières, l’assuré peut déjà être tenu de les restituer. À cela pourrait s’ajouter une pénalité financière lorsque les conditions prévues par les textes sont réunies, sous réserve notamment de l’appréciation de la bonne foi de l’assuré et de la gravité des faits.

Cette perspective appelle une vigilance particulière : un dispositif destiné à lutter contre les abus ne doit pas conduire à faire de chaque assuré consultant plusieurs médecins un fraudeur potentiel.

Le vote du Conseil
Lors de l’examen du projet, le texte a recueilli :

20 voix défavorables, notamment celles de la CGT, de la CFDT, de FO, de la CFE-CGC, de la FNMF, de la FNATH, de l’UNAF, de l’UNAASS et de la FAGE,
13 voix favorables, notamment celles du Medef, des Entrepreneurs et de l’U2P,
2 prises d’acte, de la CFTC notamment.

Pour FO, ce vote traduit une opposition claire à une évolution qui risque de renforcer la suspicion à l’égard des assurés sociaux.

Pour FO, il faut se poser de vraies questions : pourquoi autant d’arrêts de travail ? conditions de travail, pénibilité, intensification du travail, risques psychosociaux, manque de prévention, organisation du travail et souffrance professionnelle.

Sur ce terrain, FO a un cahier riche de recettes.

Rappelons que derrière chaque arrêt de travail, il y a une situation humaine, une réalité professionnelle et, bien souvent, un problème qu’il faut traiter à la source.

Le risque, avec cette logique économique comptable est de favoriser le présentéisme, c’est-à-dire le fait de maintenir les salariés au travail alors même que leur état de santé ou leurs conditions de travail justifieraient qu’ils puissent s’arrêter.

FO dénonce cette dérive consistant à stigmatiser les assurés sociaux et à les assimiler insidieusement à des fraudeurs potentiels : présentéisme contre la santé des salariés.

Eric Gautron
Secrétaire confédéral au Secteur de la Protection Sociale Collective

Secteur de la Protection sociale collective
Le secteur de la Protection sociale collective prend en charge les sujets relevant de la Sécurité sociale et de ses branches, des politiques de prévention et de sécurité-santé au travail, des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Aide carburant de 100€ : qui y a droit ?Face à la flambée des prix des carburants, le gouvernement a décidé de prolonger...
26/10/2026

Aide carburant de 100€ : qui y a droit ?

Face à la flambée des prix des carburants, le gouvernement a décidé de prolonger pour les mois d’octobre à décembre l’aide destinée aux travailleurs qui utilisent beaucoup leur véhicule pour leur activité professionnelle. Une aide fixée à 100 euros. Décision prise aussi de relever les plafonds de revenus pour élargir le nombre de bénéficiaires potentiels, au nombre de 5,5 millions.

Pour obtenir l’indemnité carburant de 100 € destinée aux travailleurs « grands rouleurs », le salarié doit utiliser son véhicule personnel à des fins professionnelles mais remplir aussi certaines conditions.

Les conditions à remplir
Pour être éligible, il faut cumuler les critères suivants :
• Résider en France.
• Conditions de ressources : le Revenu Fiscal de Référence (RFR) par part sur l’avis d’impôt 2025 (basé sur les revenus 2024) doit être inférieur ou égal à 16 880 €.
À partir d’octobre 2026, les plafonds sont élargis (jusqu’à 2 035 € nets/mois pour une personne seule, 4 070 € pour un couple avec un enfant).
• Déclarer des revenus d’activité (salaires, BIC, BNC, ou bénéfices agricoles).
• Être « Grand Rouleur » : effectuer au moins 15 km par trajet entre le domicile et le lieu de travail (soit 30 km aller-retour), ou parcourir plus de 8 000 km par an dans le cadre de l’activité professionnelle.
Le demandeur déclare lui-même les distances parcourues. Ces informations peuvent ensuite faire l’objet d’un contrôle.
• Le véhicule doit répondre à certaines conditions : sont concernés les véhicules à moteur (2, 3 ou 4 roues) thermiques ou hybrides non rechargeables et bien entendu être assurés.
Attention : les voitures électriques, à hydrogène, professionnels, agricoles, poids lourds ou de fonction sont exclues du dispositif.

Faire une demande
Un salarié qui a déjà bénéficié de l’aide de 100 euros versée pour la période d’avril à septembre 2026 n’a aucune démarche supplémentaire à effectuer, le versement de la nouvelle aide sera automatique.
Pour une nouvelle demande, celle-ci doit être faite via le site d’impots.gouv.fr.

Si toutes les conditions sont remplies, l’aide de 100 € sera versée par virement bancaire direct sous un délai maximal de 15 jours après la validation.

Point important : le contrôle des justificatifs de trajets pourra être réalisé pendant 5 ans par l’administration fiscale.

L’inFO militante
Le bimensuel de la Confédération

TELEVISION/RADIO////////////////////////////////////////////////////Frédéric Souillot sera l’invité,Lundi 26 octobre 202...
26/10/2026

TELEVISION/RADIO////////////////////////////////////////////////////
Frédéric Souillot sera l’invité,
Lundi 26 octobre 2026
à 09h15,
sur BFMTV
dans l’émission présentée par Apolline de Malherbe

13 octobre : La Charte d’Amiens a 80 ansD’abord motion, largement votée le 13 octobre 1906 lors du IXe Congrès de la Con...
21/10/2026

13 octobre : La Charte d’Amiens a 80 ans

D’abord motion, largement votée le 13 octobre 1906 lors du IXe Congrès de la Confédération Générale du Travail, la Charte d’Amiens, reconnue sous cette appellation depuis 1912, célèbre cette année ses 120 ans. C’est Le texte qui définit l’indépendance syndicale, notamment vis-à-vis des partis politiques. Ce véritable phare pour le monde syndical, pas toujours suivi par certains dans l’Histoire, fait intrinsèquement partie des valeurs de FO. L’affirmation en effet de la notion d’indépendance syndicale et de sa mise en pratique a été fondatrice dans la création de la confédération en 1948. Retour sur les termes de ce texte que FO applique chaque jour scrupuleusement, ses impératifs, son contexte d’adoption et son histoire.

Libres et indépendants, une devise mise chaque jour en pratique
En avril dernier, le congrès de la CGT-FO à Dijon a ainsi rappelé, dès les premières lignes de sa résolution générale, son attachement indéfectible à la Charte d’Amiens. Celui-ci renvoie directement aux statuts de la Confédération qui fondent l’indépendance de la CGT-FO vis-à-vis de l’État, du patronat, des gouvernements, des partis ou des groupements politiques, des religions et des groupes philosophiques et de façon générale leur irréductible opposition à toute influence extérieure au mouvement syndical. Il [le congrès, NDLR] considère que l’indépendance syndicale vis-à-vis de toute structure ou influence extérieure est une nécessité et la condition indispensable à la représentation et à la défense efficace et permanente des droits et intérêts matériels et moraux des travailleurs, salariés actifs, chômeurs et retraités. Pour le Congrès, l’indépendance syndicale est à la base de toute action syndicale dont la pratique contractuelle, toujours fondée sur le rapport de force, est un des outils essentiels. De ce point de vue, liberté syndicale, liberté de négociation et droit de grève sont intimement liés et constituent la base de l’expression de toutes les revendications .

Principes et genèse d’un texte fondateur
Elle constitue pour FO une référence, un socle, un texte fondateur… La Charte d’Amiens a 120 ans cette année. Adoptée le 13 octobre 1906 à Amiens (Somme) lors du IXe congrès (tenu du 8 au 13 octobre) de la Confédération Générale du Travail (CGT), créée onze ans plus tôt à Limoges. La Charte (connue sous ce nom à partir de 1912) va marquer de sa force, de ses principes et de sa portée le monde syndical dès ce début de XXe siècle. Plus d’un siècle plus t**d, l’importance du texte adopté (venant confirmer alors l’article 2 constitutif de la CGT) n’a pas faibli dans ce qu’il dit de l’indépendance syndicale. Une indépendance au cœur de la fondation de FO en avril 1948 et qu’elle porte scrupuleusement depuis, par ses comportements, déclarations et actions.

L’indépendance au cœur des débats
Que dit le texte de 1906, motion devenue charte, adopté lors du congrès d’Amiens par 830 voix (huit voix contre et un vote blanc) ? Il affirme d’emblée, entre autres, que le regroupement des travailleurs se fait en dehors de toute école politique . Le texte, qui affirme l’émancipation intégrale de la classe ouvrière et préconise comme moyen d’action la grève générale , est une reconnaissance de la lutte des classes, qui oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en œuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière . Autre déclaration adoptée : En ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l’entière liberté pour le syndiqué de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe au dehors.(…) En ce qui concerne les organisations, le Congrès déclare qu’afin que le syndicalisme atteigne son maximum d’effet, l’action économique doit s’exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n’ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale. Ces principes édictés par le IXe congrès définissent donc l’indépendance du syndicat vis-à-vis des partis et actent le fait qu’il doit se situer aussi hors de toute religion et influence religieuse, notamment. Ce texte est en quelque sorte un mode d’emploi à destination du syndiqué, lequel doit se conformer à un principe que l’on pourrait résumer simplement : laisse tes convictions et possibles engagements politiques, ou autres, à la porte du syndicat.
Un contexte protéiforme
Un an avant l’adoption de la Charte, la loi sur la laïcité, décidant une séparation des Églises et de l’État, avait été votée le 9 décembre 1905. Cette année-là, encore, sur le plan international, une révolution est déclenchée en Russie contre l’omnipotent tsar Nicolas II. Une révolution de la misère, qui conduit ouvriers et paysans à des révoltes et à des grèves. L’épisode de la mutinerie, en juin, des marins du cuirassé Potemkine marquera l’Histoire. Cette année-là verra la création des soviets. Autre élément de contexte historique, à des milliers de kilomètres de là, en Angleterre et en Allemagne, le lien entre syndicalisme et parti politique, ou plutôt la confusion des genres, va agir comme un catalyseur dans le positionnement français en faveur de l’indépendance syndicale. Le Labour Party en Angleterre et le parti social-démocrate allemand règnent en effet en maîtres sur les centrales syndicales. Et les querelles politiques intestines propres à chacun de ces partis perturbent à longueur de temps le travail syndical.

Portant haut l’indépendance syndicale (il en était question toutefois dès la création de la CGT en 1895, puis notamment en 1902) et notifiant aussi la liberté de conscience du syndiqué, le texte de la Charte prend donc forme en France en 1906, dans un contexte de débats (ainsi mis à l’ordre du jour du IXe congrès) sur les rapports devant exister entre les organisations économiques et politiques du prolétariat , soit les partis politiques et les syndicats.

La victoire du concept de l’indépendance
Le débat se déroule sur fond de tentative de certains partis de prendre une position ascendante, pour ne pas dire de contrôle, du mouvement syndical ouvrier. Se pose aussi entre autres le problème du lien à nouer, ou pas, entre la jeune CGT d’alors et la encore plus jeune SFIO (parti socialiste), créée en 1905 et en plein essor.

Au sein de la centrale, alors que le courant Guesdiste (de Jules Guesde) souhaite une entente entre les deux et pose, en quelque sorte, le postulat d’une subordination du syndicat au politique, le courant de Victor Griffuelhes (syndicaliste révolutionnaire et secrétaire général de la CGT de 1901 à 1909) ‒ qui s’alliera au courant réformiste, prônant de distinguer action syndicale et action politique ‒ se prononce pour l’indépendance vis-à-vis du politique. Ce positionnement l’emportera donc en 1906 par l’adoption au congrès de la motion, et future Charte, rédigée par Victor Griffuelhes et Émile Pouget.

À noter qu’en 1921, la création de la CGTU/unifiée (laquelle perdurera jusqu’en 1936), par un courant minoritaire de la CGT, dirigée alors par Léon Jouhaux, mettra pour le moins à mal le principe de l’indépendance, répandant les effets de ses liens plus qu’étroits avec le parti communiste français et l’Internationale communiste.

Autre contexte, social celui-là. Six mois avant l’ouverture du IXe congrès avait eu lieu (le 10 mars 1906) la catastrophe de Courrières, dans le Nord-Pas-de-Calais où, chiffres officiels, 1 099 mineurs avaient trouvé la mort du fait d’explosions dans plusieurs fosses. La colère des ouvriers face à ce drame et à la gestion des secours par le patronat et les autorités conduira, dans tous les bassins miniers, à des grèves massives (jusqu’à 60 000 grévistes) et longues à partir du 14 mars. La reprise complète du travail dans les mines se fera en mai. Ces grèves seront durement réprimées par Georges Clemenceau, alors ministre de l’Intérieur, engageant l’armée contre les ouvriers. Cela lui vaudra le nom de briseur de grève . Ces grèves amèneront toutefois le patronat à devoir concéder des hausses de salaires et par ailleurs, par la loi du 13 juillet 1906, le repos hebdomadaire obligatoire sera instauré. Le IXe congrès s’ouvre donc dans ce contexte social encore marqué par le drame de Courrières, dont le souvenir de la gravité et des mois de lutte qui s’en sont suivis est resté, jusqu’à nos jours, dans la mémoire de la région et plus largement, à l’échelon national, dans la mémoire de toute la classe ouvrière.

Valérie Forgeront
Journaliste à L’inFO militante

🗞️🔥   n°3454 est sorti !📣 À la UNE, l’actualité syndicale qui compte ! Découvrez dès aujourd’hui le nouveau numéro et so...
21/10/2026

🗞️🔥 n°3454 est sorti !

📣 À la UNE, l’actualité syndicale qui compte ! Découvrez dès aujourd’hui le nouveau numéro et son sommaire.

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Budgets 2027 : déjà des débats animés Certes, l’examen dans l’hémicycle du projet de loi de finances (PLF) pour 2027 et ...
21/10/2026

Budgets 2027 : déjà des débats animés

Certes, l’examen dans l’hémicycle du projet de loi de finances (PLF) pour 2027 et du projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) se fait à partir des textes initiaux présentés par le gouvernement. Toutefois, avant l’ouverture de ces débats (le 13 octobre pour le PLF, le 20 pour le PLFSS), le rejet des deux textes en commissions à l’Assemblée a donné le ton, soit des débats âpres d’ici décembre sur le plan gouvernemental "d’efforts" à hauteur de 43 milliards d’euros (54 en comptant les mesures déjà engagées cette année).
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