12/05/2026
Erasteel Commentry : la colère, la solidarité et la mobilisation continuent pour sauver l’avenir industriel du site
Depuis plusieurs jours, la forge commentryenne sonne tristement creux. Depuis l’envoie des premières lettres de licenciement, et l’information aux salariés des activités sacrifiées par la direction, depuis les entretiens organisés pour désigner celles et ceux qui seront écartés de la seule activité maintenue, les ateliers d’Erasteel se vident peu à peu. Le bruit des machines a laissé place au silence, un silence lourd de colère, de souffrance et d’inquiétude pour l’avenir.
Nos premières pensées vont aux salariés frappés par cette catastrophe sociale et à leurs familles. Nous pensons avec émotion et fraternité à toutes celles et ceux qui voient aujourd’hui s’effondrer des années de travail, d’engagement et de sacrifices. Derrière les chiffres froids des licenciements, il y a des vies brisées, des familles plongées dans l’angoisse, des projets détruits et un territoire tout entier fragilisé. C’est un savoir-faire industriel historique, construit par des générations de métallos, que la direction choisit aujourd’hui de sacrifier.
Depuis l’annonce brutale de l’annonce de 190 licenciements, la CGT de l’Allier, avec l’intersyndicale de l’entreprise, n’a jamais cessé de se battre pour empêcher ce désastre industriel et humain. Manifestations, rassemblements, meeting sur l’avenir industriel du bassin commentryen, rencontres avec les élus et les parlementaires, interventions répétées auprès des ministères de l’Industrie et du Travail : nous avons multiplié les initiatives pour faire entendre la voix des salariés et défendre l’avenir du site. Sans cette mobilisation acharnée, la liquidation programmée d’une grande partie de l’activité se serait faite dans l’indifférence générale.
Malgré cette lutte, 190 salariés vont être jetés dehors. Nous voulons leur exprimer toute notre solidarité et notre soutien le plus total. La CGT continuera d’être à leurs côtés dans cette épreuve et dans les combats à venir.
Car il faut dire la vérité : nous nous sommes heurtés pendant des mois au mépris et à l’intransigeance de la direction d’Erasteel et du groupe Syntagma. Derrière les discours de façade sur le “dialogue social”, les dirigeants ont systématiquement refusé d’entendre les propositions des représentants du personnel et les alternatives portées par les salariés. Pire encore, tout a été fait pour discréditer les projets de reprise et accompagner méthodiquement le plan de licenciements jusqu’à son aboutissement.
Cette stratégie est révoltante. Elle révèle le cynisme d’une direction uniquement préoccupée par ses logiques financières, au mépris total des femmes et des hommes qui ont fait vivre cette entreprise pendant des décennies. Le groupe Syntagma portera la responsabilité historique d’avoir détruit des centaines d’emplois et affaibli durablement l’industrie de notre territoire.
Notre colère s’adresse également aux pouvoirs publics. L’État et la Région n’ont pas pris la mesure de l’urgence industrielle et sociale. Malgré les alertes répétées des organisations syndicales, malgré les propositions concrètes avancées pour préserver l’activité, aucune véritable stratégie industrielle n’a été engagée. Les salariés avaient besoin d’actes, ils n’ont obtenu que des paroles et de l’attentisme.
Mais nous refusons la résignation. Nous refusons que l’histoire industrielle de Commentry se termine ainsi, dans le silence et l’abandon. La bataille pour l’avenir du site n’est pas terminée. La CGT de l’Allier continuera la mobilisation pour obtenir un véritable projet industriel et identifier un repreneur capable de préserver les compétences, les emplois et l’outil de production notamment sur la filière de recyclage. Le projet alternatif construit avec les salariés démontre qu’il existe encore des perspectives pour ce site et pour la forge commentryenne.
Les salariés d’Erasteel ont montré leur professionnalisme, leur savoir-faire et leur attachement à leur outil de travail. Ils méritent le respect et un avenir, pas le mépris patronal ni l’abandon politique.
La CGT de l’Allier restera pleinement mobilisée aux côtés des salariés, jusqu’au bout, pour défendre l’emploi industriel, la dignité des travailleurs et l’avenir de notre territoire.
Montluçon le 12 mai 2026