CREER SA VIE / Relation d'aide/Développement Personnel

CREER SA VIE / Relation d'aide/Développement Personnel Consultation en relation d'aide
Conférences Ateliers de Développement Personnel
Consultante, anima

04/12/2025
12/10/2025

La promotion. L’appartement rénové. Les vacances à Bali. Le feed Instagram parfait.

Et pourtant, ce matin encore, ce goût de cendre dans la bouche.

“J’ai tout pour être heureuse.”

Claire me l’a dit trois fois pendant notre entretien. Comme si elle essayait de s’en convaincre. Quarante-deux ans, directrice marketing, deux enfants adorables, mari attentionné, maison avec jardin.

“Sur le papier, ma vie est parfaite. Alors pourquoi je me sens aussi vide ?”

Elle a baissé les yeux. Ses mains tournaient la tasse de café entre ses doigts. “J’ai honte de dire ça. Il y a des gens qui galèrent vraiment. Moi, je n’ai aucune raison de me plaindre.”

Cette culpabilité en plus du vide. Le combo parfait de notre époque.

Tu connais cette sensation ? Celle d’avoir tout réussi selon les critères externes, mais de te sentir étrangement absent de ta propre vie ? Comme si tu jouais dans un film dont tu n’as pas écrit le scénario ?

Je l’ai vécue à la fin de ma trentaine.

Belle carrière dans le consulting. Immense ferme bressane rénovée. Voiture neuve. Vacances deux fois par an. Amis pour les dîners du samedi soir. Toutes les cases cochées.

Et cette question qui revenait en boucle, le soir avant de m’endormir : “C’est ça ? C’est juste ça ?”

Comme si j’avais grimpé une montagne pendant des années pour découvrir en haut qu’on s’était trompés de sommet.

Le vide existentiel ne fait pas de bruit. Il ne débarque pas avec fracas. Il s’installe progressivement, comme une brume qui monte. Un matin tu te réveilles et tu ne reconnais plus ta vie. Elle est là, elle fonctionne, elle tourne. Mais quelque chose manque. Quelque chose d’essentiel.

Le sens.

Marc, cinquante-trois ans, chef d’entreprise, m’a confié lors d’un café : “J’ai bossé comme un dingue pendant vingt-cinq ans. Pour quoi ? Pour avoir une belle baraque que je ne vois jamais parce que je bosse tout le temps. Pour impressionner qui ? Des gens dont je me fous.”

Il a marqué une pause. A regardé par la fenêtre.

“L’autre jour, mon fils de dix-neuf ans m’a dit qu’il ne me connaissait pas vraiment. Pas mon métier. Pas mes responsabilités. Moi. Ça m’a transpercé. J’ai construit un empire vide.”

Le vide existentiel arrive quand on vit la vie de quelqu’un d’autre. Quand on poursuit des objectifs qu’on ne s’est jamais vraiment posés. Quand on remplit son agenda sans jamais se demander : “Qu’est-ce qui compte vraiment pour moi ?”

On nous a vendu un package. Études, carrière, maison, famille, loisirs, retraite. Suis le plan. Coche les cases. Le bonheur viendra.

Sauf qu’il ne vient pas.

Parce que le bonheur ne se trouve pas dans l’accumulation. Il se trouve dans la résonance. Dans ce frisson intérieur qui dit : “Oui, ça, c’est moi. Ça me ressemble. Ça a du sens pour moi.”

J’ai pris conscience de mon propre vide un dimanche après-midi banal.

J’étais censé me reposer. Télé, canapé, apéro avec des amis plus t**d. La journée type du cadre urbain moderne qui a “réussi”.

Mais en regardant défiler les programmes, j’ai ressenti une nausée. Pas du dégoût pour la télé. Du dégoût pour cette vie préfabriquée que je menais sans l’avoir vraiment choisie.

J’ai éteint l’écran.

Pris un carnet.

Écrit une question : “Qu’est-ce qui me fait vraiment vibrer ?”

Silence. Long silence. Parce que je ne savais même plus ce que “vibrer” voulait dire.

C’est ça, le vide existentiel. Ce n’est pas l’absence de choses. C’est l’absence de lien vivant avec ces choses. C’est avoir tout et ne goûter rien. C’est bouger beaucoup et n’avancer nulle part. C’est être entouré et se sentir seul.

Une femme m’a dit récemment : “J’ai réalisé que je passais ma vie à optimiser. Optimiser mon temps, mes revenus, mes relations, ma productivité. Mais optimiser pour quoi ? Vers quoi ? Je n’en savais rien. J’optimisais le vide.”

Ce vide nous dit quelque chose d’important. Il nous dit qu’on s’est éloigné de notre boussole intérieure. Qu’on a oublié d’écouter ce qui résonne vraiment en nous. Qu’on a troqué l’authenticité contre la performance.

Mais comment revenir quand on ne sait même plus où est “chez soi” ?

J’ai commencé petit. Très petit.

Au lieu de me demander “Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ?” (question trop grosse, paralysante), je me suis demandé : “Là, maintenant, qu’est-ce qui me ferait du bien ?”

Pas du bien social. Pas du bien superficiel. Du bien profond. Viscéral.

La réponse est venue : marcher.

Je suis sorti. J’ai marché deux heures. Sans téléphone. Sans écouteurs. Sans montre connectée. Juste moi, mes pas, mon souffle. Les arbres. Le vent.

Rien de spectaculaire. Mais quelque chose s’est réveillé.

Une présence. Une sensation de “oui” intérieur. Minuscule mais réelle. Comme une petite flamme qui vacille dans le noir.

Le vide ne se remplit pas en un jour. Il ne se remplit pas en accumulant plus de choses. Il se remplit en retirant ce qui ne nous appartient pas. En laissant tomber les rôles qu’on joue. En revenant à ce qui est simple, vrai, essentiel.

Viktor Frankl, psychiatre qui a survécu aux camps de la mort, disait : “Celui qui a un pourquoi peut supporter n’importe quel comment.” Le vide existentiel, c’est avoir plein de “comment” mais aucun “pourquoi”.

Alors aujourd’hui, je te pose la question qui m’a sauvé :

Qu’est-ce qui te fait vibrer ? Vraiment vibrer ?

Pas ce qui impressionne. Pas ce qui rassure. Pas ce qui fait bien sur le papier. Mais ce qui allume quelque chose en toi. Ce qui te donne envie de te lever le matin. Ce pour quoi tu oublierais l’heure.

Peut-être que tu ne sais pas encore. C’est normal. Le vide vient souvent parce qu’on a enfoui cette réponse tellement profond qu’on ne l’entend plus.

Mais elle est là. Elle attend. Elle n’a jamais cessé d’attendre.

Et peut-être qu’il est temps de l’écouter à nouveau.

Parce que tu n’as pas coché les mauvaises cases. Tu as juste oublié de te demander si c’étaient les tiennes.

Jean-Marc Terrel

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