31/07/2026
Le déni n’est pas une preuve de mauvaise foi, ce n’est ni une fuite coupable, ni un manque de courage.
Dans mon métier d’artisane des trajectoires (ou consultante, si vous préférez les termes plus classiques 👀), que ce soit au cours d’un bilan de compétences, d’un coaching d’entreprise ou ( mon favori de cœur) en explorant les filiations de la généalogie sociale, je croise ce phénomène pour ainsi dire... tout le temps.
Le déni est avant tout un mécanisme de défense inconscient.
C'est un bouclier que l’esprit dresse lorsque la réalité devient trop menaçante, trop lourde ou trop brutale à intégrer d'un seul coup. 😔
Il murmure doucement :
« Je ne peux pas encore regarder cela. » 😵
Dans un parcours individuel ou professionnel, il prend des formes multiples et particulièrement subtiles :
🔦 On minimise une situation professionnelle toxique ou un épuisement qui s'installe (« C'est juste une mauvaise passe, je gère... »).
🔦 On répète malgré soi des schémas familiaux ou organisationnels destructeurs, tout en espérant secrètement une fin différente.
🔦 On rationalise les faits avec la tête, tout en refusant catégoriquement de laisser l'émotion traverser le corps.
Temporairement, ce bouclier offre un répit. Il permet de continuer à avancer quand tout accepter immédiatement serait psychiquement insupportable.
☝🏾Mais lorsqu'il s'installe durablement, la protection devient une prison, on s’éloigne de ses besoins réels, on rejette les signaux d'alerte, et l'on épuise une énergie monumentale pour maintenir l'illusion. (Et oui, ma Lucette !)
Alors, comment accompagne-t-on le retour à la réalité ?
Déjà, on ne réveille pas quelqu'un en lui criant qu'il dort. ( Re bha oui ma Lucette )
En coaching comme en facilitation, sortir du déni n'est jamais un déclic brutal, c'est un cheminement...
Mon rôle ( si tu l'acceptes 🤷🏾♀️ ) n'est pas de fracturer les défenses ni d'imposer une vérité, mais de créer un espace de sécurité, un espace fondamental, bien trop négligé par beaucoup aujourd'hui, de temporalité et de non-jugement.
Un espace où les mots peuvent être ajustés et où les loyautés invisibles, qu'elles soient familiales, professionnelles ou sociétales, peuvent être mises en lumière à un rythme supportable et humain.
Reconnaître la réalité peut être douloureux sur le moment.
Mais c'est précisément là que réside le véritable pouvoir de la transformation.
Cette douleur ne fait que te traverser, puis elle te libère.
C'est le tout premier pas pour se réapproprier son histoire, faire des choix éclairés et enfin réécrire sa propre trajectoire.
Le déni n'est pas une faiblesse. C'est simplement une protection devenue trop étroite pour la personne qu'elle tentait de préserver.
Stéphanie Fouché