15/05/2019
"Pour moi et ma famille, c’était un gros sacrifice d’aller en Europe pour rouler en GP.
On n’avait pas d’argent, on a fait du jardinage et de la peinture dans la maison pour la rendre plus attractive pour la vente, on a vendu des vélos, on a vendu tout ce qu’on pouvait vendre, jusqu’à nos casseroles, 1$, 2$, même si personne n’en voulait, si ça nous faisait 1$, on le prenait.
On a tout vendu, on n’a plus aucune attache en Australie à part la famille et les amis. On ne risquait pas de perdre d’argent en venant en Europe, on n’en avait pas de base. …[...]
La première équipe pour laquelle j’ai roulé en Europe m’avait promis de s’occuper de mon visa. Après 3 mois, ils se sont rendu compte que c’était difficile d’obtenir un visa et qu’ils ne pouvaient pas le faire pour moi.
Fin février, ils me disent qu’ils ne peuvent plus me payer car je ne suis pas en règle niveau visa et qu’il va falloir rompre le contrat mais me demandent quand même si je peux continuer à rouler pour eux.
C’était la m***e, mais j’ai continué à rouler, c’était ma chance de briller et me faire repérer par une autre équipe.[...]
Le boss de Kawasaki Europe m’a dit de rentrer chez moi et qu’il s’occuperait de me faire revenir dans les règles l’année suivante, mais on ne pouvait pas, on n’avait plus de maison, plus de voiture, plus rien.
On est resté, j’ai roulé sans être payé jusqu’au Janvier de l’année suivante.
Ensuite j’ai été chez Suzuki, c’était cool, et la dernière année, une nouvelle fois, j’ai roulé sans être payé. L’équipe avait déjà signé leurs deux pilotes et ne pouvait pas me payer. [...]
Le jour où on a fini par nous dégoter un visa… On avait la résidence à Chypre, une petite île Grecque.
C’était à 4heures d’avion de là où on vivait en Belgique. Tous les 3 mois, moi et toute ma famille, on devait se rendre à Chypre pour se faire tamponner nos passeports pour être dans la légalité en Europe.
Tous les 4 ou 5 grands prix, le dimanche après être rentré de l’épreuve, on se préparait, et le lundi matin on se levait à 3h pour prendre l’avion pendant 4 heures, faire tamponner nos visas, on restait une nuit sur place, et on rentrait. [...]"
Hunter Lawrence - Swap Moto Live Show
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