28/12/2023
Le feu de la colère
La colère est considérée comme une émotion réactionnelle à une souffrance physique ou psychique. Le terme colère vient du grec kholê, c’est-à-dire la bile. En arabe, al-Ġadab a plusieurs acceptions dont le bouillonnement. En effet, lorsqu’un individu est en colère, on dit que son sang bout. Abū Hurayrah (ASSL) a rapporté qu’un homme demanda au Prophète (PSAL) : « Conseille-moi !». « Ne te mets pas en colère » lui répondit-il. L’homme réitéra sa demande plusieurs fois, et le Prophète (PSAL) de lui répondre à chaque fois : « Ne te mets pas en colère.» [al-Bukārī] Car lorsque l’individu est dans un état de colère, il se sent lésé, rougit, commence à bouillir, a envie de rendre la pareille, et donc est courroucé. En d’autres termes, la colère monte en même temps que la prise de conscience d’avoir été lésé. Puis en une fraction de seconde, l’individu donne ou ne donne pas raison à sa colère, et décide de réagir ou pas. A ce moment, la raison le déserte un instant et donc il agit d’une manière anarchique et violente. C’est pour cela qu’en Islam, un qādī [juge] ne doit pas trancher entre deux personnes alors qu’il est en colère. Dans un ḥadīt, le Prophète (PSAL) va plus loin en interdisant au qādī de rendre un jugement s’il a faim ou soif ou s’il éprouve un besoin naturel, pour que son jugement n’en soit pas affecté. Nous assistons à la même interdiction lorsqu’un divorce est prononcé sous le feu de la colère ; puisque le temps de la colère, l’homme se déshumanise et est dans une situation irrationnelle.
C’est pour cela que l’homme doit s’entraîner à être métriopathe ; c’est-à-dire mesurer ses passions et ses élans, maîtriser sa colère et prendre le temps pour analyser ce qui se passe avant de commettre l’irréparable. En fait, nous nous mettons en colère parce que nous estimons que la chose qui a déclenché notre courroux n’a pas à se produire, n’est pas inscrite au programme. Or, si nous admettons l’imperfection des êtres et des choses, nous nous mettrons beaucoup moins en colère. En effet, le destin du verre est de se casser, d’une voiture de tomber en panne, d’un vêtement de s’user, d’un plat d’être raté, d’un ami de nous décevoir, d’un rendez-vous de ne pas arriver, d’une santé de décliner…
Extrait de: Farès BABOURI, Comment l’islam peut changer votre vie et vous rendre heureux.
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