08/24/2026
💛 Ce que l’enfant vit… et ce qu’il comprend de ce qu’il vit
Un enfant peut vivre une situation familiale sans avoir les mots, les repères ou la maturité émotionnelle nécessaires pour comprendre réellement ce qui se passe.
Et c’est là que certaines paroles, certains silences, certaines tensions ou certains changements peuvent laisser un écho beaucoup plus grand qu’on ne le pense.
Parce qu’un enfant ne se dit pas toujours :
«« Mes parents vivent une situation difficile, mais ce n’est pas de ma faute. »»
Il peut plutôt penser :
« Est-ce que j’ai fait quelque chose? »
« Est-ce qu’on est encore une famille? »
« Est-ce que maman est fâchée contre moi? »
« Est-ce que papa va partir? »
« Est-ce que je dois choisir un côté? »
« Est-ce que je peux être heureux si quelqu’un d’autre est triste? »
Et parfois, il ressent plusieurs choses en même temps… sans savoir comment les nommer.
🌱 L’âge change beaucoup la façon de comprendre les émotions
Vers 4-6 ans, l’enfant commence à mieux reconnaître et nommer les émotions de base : la joie, la tristesse, la colère, la peur, par exemple.
Mais il peut encore avoir de la difficulté à distinguer ce qu’il ressent de ce qu’il pense, à comprendre les intentions des adultes ou à faire la différence entre ce qui est réel, imaginé ou interprété.
Il peut donc facilement prendre certaines choses personnellement.
Vers 6-8 ans, son vocabulaire émotionnel s’enrichit. Il commence progressivement à comprendre qu’une même situation peut provoquer différentes émotions et que les autres peuvent ressentir quelque chose de différent de lui.
Mais les émotions demeurent parfois très « noires ou blanches ».
Vers 8-10 ans, l’enfant devient généralement davantage capable de faire des liens entre une situation, ses pensées, ses émotions et ses comportements.
Il peut commencer à comprendre des émotions plus complexes comme la déception, la culpabilité, la frustration, la jalousie ou la honte.
Mais comprendre une émotion ne signifie pas encore savoir quoi en faire.
Vers 10-12 ans et à l’adolescence, la compréhension devient plus nuancée. L’enfant peut davantage reconnaître des émotions mélangées, réfléchir à ce que les autres peuvent ressentir et comprendre certaines situations sous plusieurs angles.
Mais là encore… le développement émotionnel n’est pas terminé.
Un jeune peut être très mature dans certains domaines et avoir encore besoin d’aide pour mettre des mots sur ce qui se passe à l’intérieur de lui.
🤍 C’est pourquoi je ne demande pas simplement à un enfant :
« Qu’est-ce que tu ressens? »
Je l’accompagne pour aller un peu plus loin.
Qu’est-ce qui s’est passé?
Qu’est-ce que tu as pensé à ce moment-là?
Qu’est-ce que tu as ressenti dans ton corps?
Est-ce que c’était de la tristesse… ou peut-être aussi de la peur?
Est-ce que tu peux être fâché et aimer quelqu’un en même temps?
Est-ce que ce que tu ressens signifie nécessairement que quelque chose est de ta faute?
Qu’est-ce que cette émotion essaie de te dire?
Et surtout… qu’est-ce que tu peux faire avec cette émotion?
Parce qu’une émotion n’est pas un problème à faire disparaître.
Elle est une information.
Et lorsqu’un enfant apprend à reconnaître cette information, à la nommer, à la comprendre et à développer des stratégies pour la traverser, il développe peu à peu une compétence qui lui servira toute sa vie. La capacité à identifier et à mettre des mots sur ses émotions constitue notamment une base importante pour développer des stratégies d’adaptation et de meilleures relations.
🌿 Dans mes accompagnements auprès des enfants
Je tiens justement compte de leur âge, de leur niveau de développement et de leur réalité.
Je ne m’attends pas à ce qu’un enfant de 6 ans comprenne une situation comme un enfant de 12 ans.
Je l’aide plutôt à mettre des mots là où il n’y en a pas encore.
À différencier :
💛 ce qu’il ressent
💭 ce qu’il pense
🫶 ce qu’il imagine
🌱 ce qui appartient aux adultes
🧠 ce qui est sous son contrôle
🤍 et ce dont il a réellement besoin.
Parce qu’aider un enfant à comprendre ses émotions, ce n’est pas seulement lui apprendre à « se calmer ».
C’est lui apprendre à se comprendre.
Et parfois, derrière un comportement difficile, une colère, un retrait, une peur ou une grande sensibilité…
il y a simplement un enfant qui essaie de donner un sens à quelque chose qu’il ne possède pas encore les outils pour comprendre.
Et cet enfant mérite d’être accompagné, pas seulement corrigé. 🤍
Jessica Gagné
Intervenante psychosociale
Accompagnement des enfants, adolescents, adultes et familles