08/31/2026
Dans un monde où tout semble pouvoir se faire à distance,
je trouve intéressante cette question :
Qu’est-ce que cela signifie encore, être présent pour quelqu’un?
Il y a quelque chose d’étrange à notre époque.
Nous n’avons jamais eu autant de façons de nous rejoindre,
et peut-être jamais autant de façons de disparaître.
Un écran s’allume.
Quelques mots traversent des kilomètres.
On entre dans la journée de quelqu’un,
dans ses pensées, parfois dans son intimité,
sans même avoir à franchir une porte.
Et puis, quelquefois, plus rien.
Pas nécessairement une rupture.
Pas même un au revoir.
Simplement une présence qui se retire
sans prendre le temps de nommer son absence.
Je me demande parfois ce que cela transforme en nous.
Avons-nous confondu la facilité de créer un lien
avec la capacité de l’habiter?
Parce qu’être présent n’est peut-être pas être constamment disponible.
Ce n’est pas répondre immédiatement,
ni promettre que tout durera.
C’est peut-être quelque chose de beaucoup plus simple
et de beaucoup plus exigeant :
Avoir suffisamment de considération pour l’autre
pour mettre des mots là où, autrement,
il ne resterait que du silence.
Il y a mille raisons légitimes de partir,
de changer d’avis,
de ne plus vouloir poursuivre un chemin à deux.
Mais il y a peut-être une différence fondamentale
entre partir
et s’effacer.