19/03/2016
Bonjour à tous !
Voilà un texte que j'avais envie de partager avec vous aujourd'hui. Je vous souhaite un excellent week-end rempli de soleil !
En contemplant mes enfants devenus adultes, je suis remplie de joie et de fierté. Parce que malgré les aléas de mon parcours, j’ai réussi à leur transmettre les bases d’une bonne éducation. Je les ai portés et aimés au delà du raisonnable, avec cet instinct universel que représente l’Amour maternel. De leur premier souffle à leurs premiers pas, puis tout au long de leur enfance et de leur adolescence, je les ai protégés sans relâche. C’était mon rôle, la mission la plus précieuse qui m’ait été confiée.
Leur arrivée dans l’âge adulte a éveillé en moi un sentiment de mission accomplie. Un soulagement à plusieurs titres ; ils sont heureux, équilibrés et me voilà enfin avec du temps libre ! Finies les grandes tablées quotidiennes, les heures consacrées aux devoirs, les vaines tentatives pour ramener un peu de silence dans la maison ! Il fut un temps où je me réjouissais que mes trois garçons soient « grands ». Ils avaient alors entre 4 et 10 ans et leur éducation me demandait une telle énergie que cela me faisait du bien de me projeter dans un futur où ils seraient devenus plus indépendants. J’y repense souvent, parce que ce temps est arrivé sans crier gare.
Je crois que j’assume plutôt bien cette nouvelle phase de mon existence, même si j’ai parfois le sentiment de ne pas m’y être suffisamment préparée. Mais peut-on véritablement se préparer à laisser ses enfants prendre leur envol, après avoir passé tant d’années durant lesquelles ils étaient au centre de notre vie ?
Au delà de la fierté et de la joie de les voir s’épanouir, il y aussi un deuil à faire. Il n’est pas question de chagrin et de tristesse, comme le suggère la notion de deuil ; il s’agit plutôt de s’adapter au changement. En ce qui me concerne, c’est un travail à plein temps ! Et je dois dire que ces notions ne m’avaient jamais traversé l’esprit à l’époque bénie où j’ai pris congé de mes parents.
Mon fils aîné a décollé ce matin pour le Kenya, dans le but de réaliser un film de promotion pour Terre des Hommes. Il sera bien sûr encadré par l’équipe locale et par des escortes, mais la région où il doit se rendre est dangereuse et la Confédération suisse déconseille à ses ressortissants de s’y rendre, le risque d’attentats et d’enlèvements étant élevé.
Je n’ai pas réussi à le dissuader d’accepter cette mission. Cela m’a évidemment attristée, mais à quelque part, cela m’a aussi mise en colère : moi qui ai passé 20 ans et plus à le protéger de tous les dangers, voilà qu’il se met à prendre des risques inconsidérés ! Cela a aussi mis en lumière le fait que même si je garde des relations privilégiées avec mes enfants, je ne peux plus les « contrôler ». Je suis impuissante face à leurs décisions. Quelle leçon de vie ! Cette expérience en Afrique, c’est son choix, sa décision. Il est adulte et conscient des risques qu’il encourt. Je dois lui lâcher la main et le laisser prendre son envol. Et même l’encourager parce qu’en réalité, ce sera une expérience tellement enrichissante pour lui !
Durant cette phase de transition, d’autres pages se tournent… Ma jeunesse s’est définitivement envolée, mon corps commence à ressentir l’épreuve du temps. Quoi de plus normal, puisque j’approche de la cinquantaine ! A cela aussi, je dois m’adapter.
Ainsi, le temps est venu pour moi de donner un sens nouveau à mon existence. Mes enfants sont toujours aussi présents dans mon cœur, mais la seule responsabilité que j’aie désormais, c’est de prendre ma vie en main et de réinventer mon futur. M’occuper de moi, après m’être tant occupée d’eux.
J’ai toujours aimé écrire, pour moi comme pour les autres. Les mots coulent de source sur le papier, ils m’inspirent et me font du bien. Je vais donc me consacrer pleinement à l’écriture dans les années à venir. Voilà comment sont nés Les écrits restent ….