10/16/2026
Rédaction Néo Africa 👇🏿
🔴 EXCLUSIF / Martin Fayulu, cet apôtre du dialogue qui a prêché dans le désert pendant huit ans
Depuis 2019, Martin Fayulu n’a cessé de plaider pour la convocation d’un dialogue politique national et inclusif afin de sortir la République démocratique du Congo de l’impasse politique née des élections de décembre 2018. Pendant près de huit ans, l’opposant a multiplié les appels, porté sa proposition auprès de plusieurs capitales occidentales et tenté de convaincre les différents acteurs politiques congolais de la nécessité d’un compromis national. En vain.
Considéré comme l’une des principales victimes politiques de l’accord controversé de Kingakati, dont les véritables contours restent encore obscurs pour une large partie de l’opinion, le président de l’ECiDé a maintenu cette exigence, même après son éloignement de son ancien allié Adolphe Muzito. Pour Fayulu, le dialogue constituait une voie incontournable pour rétablir la légitimité politique et prévenir une nouvelle crise institutionnelle.
En 2024, alors que les tensions politiques persistaient, Félix Tshisekedi opposait une nouvelle fin de non-recevoir à cette proposition. Pourtant, les événements allaient progressivement donner une autre dimension aux avertissements de l’opposant.
En 2025, après la réapparition de Joseph Kabila à Goma, dans un contexte marqué par l'avancée de l’AFC/M23 de Corneille Nangaa, Fayulu renouvelait son appel au dialogue. Il sollicitait même une rencontre avec Félix Tshisekedi afin de lui exposer directement les risques d’une confrontation durable entre les principales forces politiques du pays. Là encore, ses démarches ne débouchaient sur aucune initiative concrète.
Il faudra attendre 2026 pour voir cette revendication gagner davantage de terrain au sein de l’opposition. Avec la création de la coalition C64, réunissant notamment Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga, Matata Ponyo et Moïse Katumbi, l’idée d’un dialogue national inclusif devient une exigence politique portée par plusieurs formations. Mais malgré les appels répétés de cette plateforme, Félix Tshisekedi finit par annoncer la convocation d’un dialogue en septembre, tout en écartant de son périmètre la mouvance AFC/M23, désormais regroupée sous la bannière du Front pour la refondation de la nation (FRN), autour de Joseph Kabila.
Or, c’est précisément l’absence de certains protagonistes parmi les plus impliqués dans la crise qui soulève aujourd’hui des interrogations sur les chances de succès de cette initiative.
Pendant des années, Martin Fayulu a défendu une approche qui lui a souvent valu d’être ignoré, voire marginalisé dans le débat politique. Mais à mesure que la crise sécuritaire et institutionnelle s’enracine, sa proposition semble retrouver une pertinence politique.
Une question mérite désormais d’être posée : et si Martin Fayulu avait vu juste depuis le début ?